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26/10/2011

QUELLE ECOLE POUR LA NOUVELLE COTE D'IVOIRE?

Chers blogueurs, nous aimerions partager avec vous ce thème traité brillamment par le Professeur EKANZA. Bonne lecture !

 

THEME :

QUELLE ECOLE POUR LA NOUVELLE COTE D'IVOIRE?

 

Réfléchissant sur le second terme du thème de l’entretien de cet après-midi, je suis tenté de renvoyer la question aux organisateurs qui en ont fait le choix ... Ne rêvons pas au Ciel; le Royaume de Dieu est déjà parmi nous. La nouvelle Côte­ d'Ivoire, celle de l'après-crise, est déjà là. Elle sera ce que nous sommes. Elle ne peut être autre que ce que nous voudrons être les uns pour les autres. Dans une Côte d’Ivoire complexe, dominée par la méfiance, sollicitée par tous les remous et exposée à tous les risques de violence que nous promettent les futures batailles électorales, nous en sommes à rechercher nos repères. Or, seuls des citoyens instruits et cultivés, au sens plein du terme, sauront préserver l'équilibre politique de la République et consentir aux nécessaires compromis. Certes, une économie forte et en bonne santé, un système de production efficace sont des éléments essentiels de la prospérité d'un pays, mais au principe de toutes choses, bien en amont de l'économie et de la technique, c'est l'instruction, et, osons le mot, la culture, qui est l'enjeu primordial. Elle seule apporte aux individus les « lumières» qui les protégeront contre la tentation de l'angoisse ou du repli, et à la Nation les instruments politiques, économiques, techniques qui lui permettront de construire son avenir.

La Côte-d'Ivoire de demain sera ce que nous sommes. D'où la nécessité de nous concentrer sur le premier terme du thème de l'entretien, l'Ecole. Car, c'est de la formation, de l'éducation de l'homme ivoirien et de tous les Ivoiriens qu'émergera la nouvelle Côte-d'Ivoire.

« L'éducation en Afrique, ce n'est pas encore l'école africaine. L'école est située en Afrique, mais elle ne conduit pas encore vraiment à l'Afrique ».

Préparant l'entretien de cet après-midi, cette pensée de Ki-Zerbo m'est venue spontanément à l'esprit. Quel est le sens de l'école? Quel en a été l'objectif en Afrique et en Côte-d'Ivoire en particulier? Si l'Ecole, au bout d'un demi-siècle d'existence, n'est pas encore ce que nous en attendions, que faut-il faire pour qu'elle soit réellement ivoirienne, pour qu'elle s'incarne en terre ivoirienne et s'y réalise pleinement aujourd'hui et demain? Autant d'interrogations qui se posent et s'imposent à l'examen du système éducatif ivoirien, auxquelles nous tenterons de répondre. Mais d'abord faisons l'état des lieux. Comment se présente aujourd'hui le système éducatif ivoirien: quelles en sont les forces et les faiblesses?

 


I- QUELLE EST LA SITUATION DEavenir.jpg L'ECOLE AUJOURD'HUI EN CÔTE D'IVOIRE ?

La Côte-d'Ivoire est aujourd'hui un pays en crise, une crise multiforme: politique, économique, mais surtout sociale. L'aspect social de la crise, qui n'est pas le moins désastreux, s'explique, entre autres, par un système éducatif, inadapté, incapable de prendre en compte les besoins de la société, de former des citoyens honnêtes, à même de valoriser la production locale et de transmettre les valeurs sociales et civiques de cohabitation pacifique et de communication communautaire. Certes, depuis son avènement au XIXe siècle, l'Ecole a accompli des progrès indéniables, cependant, il faut se rendre à l'évidence, le système éducatif ivoirien offre encore de multiples tares au point que, de nos jours, l'Ecole est devenue plutôt un épouvantail.

1. LES PROGRES DU SYSTEME EDUCATIF

Mais d'abord, quels en sont les progrès? Avouons, sans être pessimiste, que la performance de l'Ecole ivoirienne se limite, presque exclusivement, à un seul domaine : son succès est surtout remarquable, depuis quelques décennies, par la courbe ascendante de ses effectifs. Le système éducatif ivoirien, fondé sur le modèle hérité de la France, institue dès le lendemain de l'indépendance une école gratuite et obligatoire, afin d'encourager la scolarisation des enfants en âge d'aller à l'école. Il intègre aux cycles habituels du primaire, du secondaire et du supérieur, un niveau préscolaire couvrant trois sections (petite section, moyenne section et grande section).

1) Le cycle primaire

En 2001-2002, avant la crise politico-militaire, 391 écoles maternelles, aussi bien privées que publiques, fonctionnaient sur toute l'étendue du territoire. En 2005, sur la seule zone contrôlée par les forces républicaines, il est enregistré 600 écoles maternelles animées par 2 109 enseignants qui encadrent 41 556 élèves.

Le cycle primaire comprend six niveaux (cours préparatoires 1ère et 2ème année, Cours élémentaire 1ère année, Cours élémentaire 2ème année, cours moyen 1ère année, cours moyen 2ème année); il est sanctionné par le Certificat d'études primaires élémentaires et un concours d'entrée en classe de 6ème des lycées et collèges. En 2001, le ministère de l'Éducation nationale comptait 8050 écoles primaires publiques tenues par 43 562 enseignants pour 1 872 856 élèves et 925 écoles privées qui employaient 7 406 enseignants pour la formation de 240 980 élèves.

En 2005, l'on dénombrait 6 519 écoles primaires dont 86,8 % étaient publiques, avec 38 116 enseignants et 1 661 901 élèves. 55% de la population de 6 à 17 ans et 61 % des filles de ce groupe d'âge sont en dehors de l'école. Le faible taux de scolarisation des filles avait conduit l'État à développer, dans les années 1990, une politique spécifique pour la scolarisation de la jeune fille. Quelques années plus tard, en mars 1993, en collaboration avec le ministère de l'Éducation nationale, la Banque africaine de développement mettait en place un projet dit « Projet BAD éducation IV» pour améliorer la qualité de l'enseignement, accroître le taux de scolarisation en général et celui des filles en particulier. Notons qu’à ce niveau, les statistiques officielles ne prennent en compte que les établissements publics, privés et certaines écoles confessionnelles (catholiques et protestantes) ; les établissements d’obédiences musulmanes sont exclus des décomptes concernant les écoles primaires. L’une des raisons de cet « oubli » réside dans le fait que les « Medersa » ou « écoles franco-arabes » ont pour tutelle le Ministère de l’administration territoriale alors que toutes les autres écoles primaires dépendent du ministère de l’éducation nationale. Une telle discrimination, héritée du système colonial, ne peut qu’accroître le sentiment de frustration d’une frange de la population et suscité un malaise social.

Saluons l’initiative de l’UNICEF qui, depuis quelques années, s’emploie à réhabiliter les médersa afin d’y améliorer les conditions d’études.

2) L'enseignement secondaire

En ce qui concerne l'enseignement secondaire subdivisé en deux cycles, il comprend quatre classes pour le premier cycle et trois pour le second. Ce niveau d'enseignement est « caractérisé par une nette domination du privé ». En 2005 en effet, sur les 522 établissements secondaires que comptait le pays, 370 appartenaient au secteur privé. Le ministère ivoirien de l'Éducation nationale enregistrait au total un effectif de 660 152 élèves pour 19 892 enseignants en 2005, secteurs privé et public confondus, contre 682 461 élèves pour 22 536 enseignants en 2001-2002, avant le déclenchement de la guerre. Le taux de scolarisation au secondaire ivoirien est de 20%. Les études secondaires sont sanctionnées pour le premier cycle par le Brevet d'Etudes du Premier Cycle (BEPC) et pour le second par le Baccalauréat.

3) L'Enseignement supérieur, technique et professionnel

Avant 1992, l'enseignement supérieur était presque entièrement l'affaire de l'État, avec 24% de taux de scolarisation. Depuis quelques années, plusieurs universités et grandes écoles de formation technique privées ont vu le jour. En 1997 -1998, l'enseignement supérieur comptait trois Universités publiques, quatre grandes écoles publiques, 7 universités privées, 47 établissements privés, et 31 établissements supérieurs de formation post-baccalauréat, rattachés à des ministères techniques autres que celui de l'enseignement supérieur.

Au cours des années 1960, l'État ivoirien crée plusieurs établissements d'enseignement secondaire et supérieur technique, pour assurer la formation de cadres spécialisés. En 1970, l'ouverture de l'Institut national supérieur de l'Enseignement Technique (INSET) et plus tard de l'École Nationale Supérieure des Travaux Publics (ENSTP) à Yamoussoukro permet de former sur place des techniciens de niveau supérieur. Aujourd'hui, ces écoles sont regroupées et forment l'Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INPHB). Un grand nombre d'établissements d'enseignement technique et professionnel privés sont implantés sur l'ensemble du territoire. La question de la compétence et du niveau de qualification des enseignants chargés de la formation et de l'encadrement des élèves, fréquentant ces écoles rivées, s'est maintes fois posée. Il y a lieu toutefois de relever qu'elles apportent un soutien indispensable à l'État, les équipements publics, en matière d'éducation, étant à l'heure actuelle insuffisants et parfois inadaptés pour la couverture totale des besoins. Une loi, votée en 1995, réglemente le secteur de l'enseignement supérieur privé, et institue des mesures en vue de renforcer les établissements concernés. Les réformes touchent certaines structures existantes comme l'Institut pédagogique national de l'enseignement technique et professionnel (IPNETP), l'École Normale Supérieure (ENS), l'Agence Nationale de la Formation Professionnelle (AGEFOP) et le Fonds de Développement de la Formation Professionnelle (FDFP).

En 2004-2005, le nombre d'établissements de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique était de 149 avec 146 490 étudiants, dont 35 % de filles. Ces établissements, dont les installations sont devenues vétustes, ont toutefois une capacité d'accueil limitée, eu égard au nombre d'étudiants.

2. LES FAIBLESSES DU SYSTEME EDUCATIF

Cette performance de l'école ivoirienne, particulièrement saisissable à travers la progression des effectifs, ne doit pas nous fermer les yeux sur ses faiblesses et ses déficiences dont l'une d'entre elles a été implicitement soulignée comme étant le revers du succès de l'Ecole: la pénurie de locaux, ayant pour corollaire la surcharge des salles de classe. Mais surtout le diagnostic du système ivoirien laisse apparaître des faiblesses de rendement et des déficiences structurelles:

1) Les faiblesses de rendement

-D'abord un rendement interne extrêmement faible: le taux de redoublement est élevé aussi bien dans le primaire que dans le secondaire; il est respectivement de l'ordre de 24% et de 18,5%. Le taux de réussite est très bas, voire catastrophique, dans le supérieur: dans les universités d'Etat, pour certaines unités de valeur (UV), on enregistre régulièrement moins de 10% d'admis; ainsi le nombre moyen d'années-étudiants, c'est-à-dire le nombre moyen d'années qu'un étudiant met à obtenir son diplôme, est largement supérieur au nombre théorique d'années nécessaires, ce qui est synonyme d'engorgement des structures et de gaspillage des ressources allouées au système.

-Ensuite un rendement externe faible : les produits du système, c'est-à-dire les élèves et étudiants formés, ont du mal à s'insérer dans le tissu économique. A titre d'exemple, selon le rapport d'Etat du système éducatif de 2 002, pour 9 700 jeunes diplômés du supérieur, le nombre d'emplois de cadres disponibles n'était que de 2000, ce qui correspond à un taux d'insertion d'environ 21%. Cela traduit la non pertinence de notre système éducatif, c'est-à-dire une inadéquation entre la formation et l'emploi. Ce constat est d'autant plus amer que les entreprises de la place ne parviennent pas à trouver, sur place, certaines compétences dont elles ont besoin.

Que deviennent les élèves formés dans les « écoles franco-arabes » après leur sortie ? Certains bénéficient de soutiens particuliers pour poursuivre des études en Egypte ou en Arabie Saoudite ; un grand nombre d’entre eux sont déversés dans la vie active, sans qualification ni possibilité d’insertion réelle. Les filles s’orientent pour la plupart vers le secteur informel car les parents estiment que leur rôle est dans le foyer. Elles s’organisent dans des tontines pour créer un fond de commerce, migrant, la plupart du temps, vers les villes pour animer les marchés, les gares routières ou les trottoirs.

Quant aux garçons, après cette formation plus liturgique que professionnelle, ils s’orientent volontiers vers les métiers (artisans, apprenti-chauffeurs, commerçant-detaillants, …).

Leur position marginale dans la société en fait des proies faciles pour l’instrumentalisation politique et pour les « ingénieurs du chaos » qui entretiennent, volontiers, leur frustration pour susciter ou aggraver les tensions sociales.

2) Les déficiences structurelles

Un certain nombre de raisons, que l'on pourrait qualifier de structurelles, et qui sont suffisamment connues, sont avancées pour expliquer la faillite du système éducatif ivoirien : l'insuffisance ou la vétusté des infrastructures et équipements, notamment dans le secteur public ; la croissance exponentielle du nombre de jeunes à scolariser; la faiblesse du ratio d'encadrement (nombre d'enseignants/nombre d'élèves ou d'étudiants) ; la quasi-absence d'ouverture de l'école sur les entreprises ou encore une formation jugée inadaptée au marché de l'emploi; ainsi le nombre des jeunes sans formation et sans emploi est-il évalué en 2008 à plus de 4 millions. A cette première série de raisons il convient d'ajouter une dernière série d'autres raisons qui sont à l'origine de la faillite de l'école, que l'on pourrait qualifier d'ordre moral et social.

3) les raisons d'ordre moral et social

Ce sont entre autres :

- la perte de repères de la société ivoirienne

Depuis déjà quelque temps, notamment cette dernière décennie, la société ivoirienne n'a plus de repères : le courage, l'abnégation, l'effort, le goût du travail, la compétence et l'honnêteté ne sont plus des vertus cultivées. Les personnes ayant triché à l'école ou en politique, les incompétents notoires et les prédateurs de deniers publics sont devenus les modèles de réussite exhibés aux Ivoiriens et à la jeunesse. La conséquence de cette dérive est dévastatrice : les élèves et étudiants préfèrent tricher ou acheter tout simplement les notes auprès de certains maîtres qui se prêtent à ce jeu sordide. De toutes les façons, les concours ne sont-ils pas réservés, aujourd'hui, au su et au vu de toute la nation, aux plus offrants et aux militants d'une certaine chapelle politique?

Par ailleurs, la violence a fait son entrée à l'école. En effet, si celle-ci était présente en milieu scolaire et universitaire, elle a connu une escalade depuis l'avènement du multipartisme en 1990. Dans ce contexte nouveau, l'un des syndicats d'élèves et d'étudiants a réussi à supplanter tous les autres syndicats en imposant sa loi aussi bien à l'école qu'à l'ensemble de la société civile: des étudiants sont molestés sur les campus, des enseignants sont brutalisés et humiliés pendant les cours sans que les coupables soient frappés de la moindre sanction disciplinaire. Enfin, la guerre des clans s'est développée au sein de ce syndicat majoritaire, occasionnant des meurtres à l'arme blanche sans que les auteurs ne fassent l'objet de poursuites judiciaires. Un dernier exemple du degré atteint par cette violence scolaire et estudiantine qui a envahi tout le champ de la vie quotidienne, est le suivant: en 2004, le même syndicat a osé défier l'autorité judiciaire en agressant des magistrats dans l'exercice de leur fonction.

- L'incohérence des programmes pédagogiques liée à la mauvaise gouvernance du système éducatif

La gestion de l'école par 4 ministères évite peut-être la lourdeur, génératrice d'inertie du système éducatif; mais en retour, lorsque chacun des 4 ministères, en charge du système, pour des raisons de vision du système, travaille de son côté, sans se soucier de ce que font les 3 autres, il peut se poser un problème de cohérence des programmes pédagogiques. C'est ainsi qu'aujourd'hui, en série D, la géométrie de l'espace est supprimée du programme de mathématiques. Or, après le bac, les élèves de cette série sont autorisés à s'inscrire à l'université en Physique-Chimie, filière dont une bonne partie des cours fait appel à des connaissances en la matière.

Quant au profil des enseignants des Medersa, il gagnerait à être amélioré. Il y a des enseignants en Français-Arabe qui s’expriment dans un français des plus approximatifs !

Comment, dans ces conditions, peuvent-ils apprendre à leurs élèves à s’exprimer dans un français correct ? Rien d’étonnant que le « Nouchi » soit l’expression de la souffrance d’une frange de la jeunesse Ivoirienne ; une expression d’une quête identitaire des laissés-pour-compte.

Face à un diagnostic aussi sombre, tendant à jeter le discrédit sur l'ensemble du système éducatif ivoirien, il y a lieu d'être, pour le moins soucieux, et de chercher les solutions idoines afin de sortir l'école ivoirienne de l'ornière où elle s'est fourvoyée. Tout système éducatif, en tant que préalable indispensable à une organisation équilibrée et efficiente de la société, remplit par essence une triple exigence: l'objectif de développer les intelligences (l'instruction), celui de favoriser l'apprentissage des savoirs fondamentaux (la socialisation) et enfin celui de former à des compétences (l'insertion sociale). La mise en évidence des faiblesses et dérives de l'école ivoirienne appelle, en conséquence, une solution axée sur ces trois points fondamentaux autour desquels devra s'articuler toute édification féconde du système éducatif. C'est en assumant cette triple exigence, et à ce prix seulement, que pourra émerger la nouvelle Ecole pour la Côte­ d'Ivoire de demain.

II- LA NOUVELLE ECOLE IVOIRIENNE

A- L'INSTRUCTION

En premier lieu des exigences vient l'instruction, droit imprescriptible, inaliénable, pour toute personne, consacré dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme, réaffirmé récemment au Forum mondial sur l'éducation, tenu à Dakar en avril 2000. Parce qu'il est conçu comme étant légitime pour tout citoyen, le droit à l'éducation devient universel. D'où la nécessité pour l'école d'être démocratique, c'est-à-dire ouverte à tous. Il appartient donc à l'Etat de mettre en place un système éducatif de base, qui ait un nombre d'écoles suffisant et de qualité.

Dans toutes les sociétés industrialisées, l’enseignement de base est généralisé. En France et en Corée, par exemple, c’est à partir des années 1950-1960, que le nombre des établissements secondaires et supérieurs s’est accru. Auparavant, la priorité revenait à l’éducation de base.

En Afrique, sans assurer la généralisation de l’enseignement de base, nous avons tendance à privilégier les niveaux supérieurs. D’où l’accroissement du chômage intellectuel.

Qu'en est-il aujourd'hui de ce droit civique fondamental dans la Côte d'Ivoire indépendante? Le droit à l'instruction, comme bon nombre d'autres droits dont la santé, est devenu objet de marché. L'éducation et la santé ont été monétarisées et réservées à ceux qui en ont les moyens, la privatisation et l'exclusion devenant la règle. Le privé a envahi le champ de l'éducation avec pour seul objectif l'enrichissement au détriment de la formation. Il est déjà dominant dans le secondaire, en nombre d'établissements: 370 contre 152 dans le public. Dans le Supérieur, il surpasse de loin le public: 7 Universités Privées et 31 Etablissements Supérieurs de formation post-baccalauréat.

Le vide laissé par un enseignement public, incapable d'absorber la totalité des enfants en âge d'aller à l'école, en est l'une des causes majeures. D'où la nécessité de constater que le concept « d'école pour tous », conçu, comme il se présente aujourd'hui, au sein du seul système scolaire en vigueur, est et demeurera - j'en suis convaincu - inefficace. En effet, si l'on entend réellement démocratiser la formation et donner une chance à tous, y compris les enfants et les adultes de nos campagnes, il convient de faire preuve de plus d'imagination, en envisageant des solutions intermédiaires, afin de prendre en compte ceux qui sont aujourd'hui en dehors du système, les exclus. En s'engageant sur de nouvelles voies, l'on évitera de réduire à une simple théorie le droit d'instruction pour tous et de le rendre effectif, ouvrant à un plus grand nombre l'accès à l'instruction et à la culture. Ce minimum devra permettre à chacun d'affronter sa vie personnelle, de la gérer en étant un citoyen responsable dans la société où il évolue, capable de réfléchir pour pouvoir, éventuellement, construire une nouvelle société.

Les voies nouvelles à préconiser, qui devront être des objectifs à atteindre dans les meilleurs délais, sont au nombre de deux :

- l'universalisation de l'éducation de base;

- l'éradication de l'analphabétisme.

1) L'universalisation de l'éducation de base

L'universalisation de l'éducation de base a pour objectif d'asseoir une école réellement citoyenne. Celle-ci est appelée à transmettre les valeurs d'égalité et de solidarité ainsi que l'amour de la patrie. Elle combattra également les stéréotypes discriminatoires, sexistes, tribaux, ethniques et raciaux.

Cette nouvelle école devra nécessairement renforcer les capacités d'accueil dans les structures préscolaires, pour les moins de 6 ans avec pour conséquence d'universaliser leur prise en charge par l'Etat. Car, il incombe à l'Etat de garantir à tous les citoyens le droit à l'éducation. Autre caractéristique, l'école citoyenne sera ouverte aux diverses cultures composant le pays, une manière de réconcilier le citoyen ivoirien avec lui-même. Enfin, si l'on veut effectivement s'engager dans cette nouvelle voie, changer, en quelque sorte, l'école, il faut aussi en changer le maître, former un maître qui ait une conscience sociale.

2) L'éradication de l'analphabétisme

Cette opération se fera en mobilisant un plus grand nombre d'enseignants volontaires, afin d'amener, en un nombre d'années relativement réduit - 2 ans - ­tous les exclus du système scolaire actuel, au niveau de la sixième année du primaire. Le niveau secondaire ne sera pas oublié: à travers des cours audiovisuels, encadrés par des facilitateurs, ceux qui ont abandonné en cours de route l'école secondaire, pourront réintégrer le cursus classique.

3) La stratégie

Compte tenu de l'urgence et de la nécessité de parer à cette carence dans la formation, les autorités politiques devraient envisager une stratégie appropriée, axée sur quatre pôles:

-convoquer un Congrès national, composé également de spécialistes: didacticiens, psychopédagogues, sociologues et autres, pour débattre du contenu des programmes adaptés aux réalités ivoiriennes et aux nouveaux enjeux de sortie de crise ;

-amorcer des consultations régionales, coordonnées à l'échelle nationale, pour la mise en route d'instituts pilotes s'inspirant de ce qui se fait de mieux à travers le monde, en Zambie et au Venezuela, par exemple ;

-pour réussir le défi de la nouvelle école citoyenne, eu égard au souci de réhabiliter l'enseignement et la formation, parmi les suggestions qui pourraient être faites, on peut préconiser la mise en place d'un lobby, groupe de pression politico-éducatif ;

-réfléchir sur les moyens de financer les nouvelles reformes. L’idée de prélever une partie du budget de souveraineté du chef de l’Etat pour réhabiliter l’école est, pour nous, une piste à explorer.

B- LA SOCIALISATION

Outre sa première mission qui est celle d'instruire, l'Ecole a aussi le devoir d'assurer l'apprentissage de la socialisation, délicate charge devenue d'autant plus lourde à porter que la famille et les institutions qui assuraient auparavant cette tâche ne paraissent plus en mesure de le faire.

Ce transfert de charge est devenu inéluctable, particulièrement dans les zones urbaines, où les cultures d'origine sont souvent différentes et où le français devient la langue véhiculaire des apprentissages. A défaut d'une famille absente ou se dérobant devant ses responsabilités, l'Ecole est d'ailleurs la mieux placée pour agir. C'est à l'école que se manifestent les premiers effets d'hérédité sociale de l'exclusion, de la pauvreté, de la perte d'identité culturelle. L'Ecole ne peut donc pas limiter son office à la tâche, déjà ardue ­il faut le reconnaître, de transmettre des savoirs et un minimum d'instruction civique. Il lui faut prendre en compte ces apprentissages absents et aller parfois jusqu'à civiliser les élèves démunis, sans renoncer à sa première mission, qui est d'instruire. Dans la mesure où s'est affaibli le sens des obligations sociales et civiques, l'éducation à la citoyenneté devient partout nécessaire.

1) L'acquisition de la langue française

Langue de l'Ecole et langue de la Cité, est bien entendu le savoir fondateur de l'aptitude à la socialisation. Il n'est pas bon de verser dans une complaisance excessive à l'égard du « Nouchi» urbain, encore moins d'en recommander l'emploi dans les pratiques enseignantes sous prétexte de remédier à l'échec scolaire. La meilleure manière de respecter les adolescents en précoce rupture de ban n'est pas de se soumettre à leurs codes et d'avaliser leurs refus. Elle est de combattre ces pratiques d'isolement, de refuser qu'elles aient droit de citer à l'école ou au collège, de faire comprendre que cette dérive verbale sans culture et sans emploi ne permet ni l’expression d’une identité valorisante, ni la communication positive avec l’extérieur ; une ouverture sur le monde. Dans ce siècle de communication ne pas pouvoir échanger avec le reste du monde révèle du suicide intellectuel.

En outre, il faut promouvoir l'apprentissage de l'une des langues locales dans la région où elle prévaut. Son usage dans les petites classes peut concourir efficacement à l'apprentissage du français, de la lecture et du calcul, sans omettre l'immense avantage pour ceux qui la pratiquent de conserver l'usage correct, la pratique et la compréhension de leur langue maternelle.

2) Le respect des identités culturelles

Elle est la deuxième obligation dont l’école doit s acquitter. Cela est d'autant plus difficile que l'école républicaine dont a hérité la Côte d'Ivoire, est construite et organisée pour assurer l'intégration de tous les élèves, quelles que soient leur origine, leur appartenance religieuse et leur langue maternelle, dans une société qui se veut laïque, fondée sur la seule reconnaissance de valeurs civiques. Elle n'est donc ni disposée, ni prédisposée à prendre en charge l'obligation de respect mutuel de cultures et de croyances multiples qui cohabitent sur l'ensemble du territoire national. D’où la nécessité de réorienter la vocation de l’enseignement confessionnel en Côte d’Ivoire.

Indépendamment de savoirs positifs qui peuvent être transmis dès l'école primaire ou au collège par les cours d'histoire, de géographie ou par l'étude comparative de grands textes fondateurs en cours de français, ce que doivent connaître et reconnaître les futurs citoyens, c'est le caractère légitime du pluralisme culturel et religieux. Si l'enseignement d'une histoire des religions s'avère aujourd'hui souhaitable, ce n'est ni pour susciter la création d'une discipline nouvelle ni pour alourdir les programmes. C'est pour répondre à un besoin devenu général, même si peu l'expriment, de mieux connaître l'existence du fait religieux, la pluralité de ses formes et des rites qui l'expriment. C'est aussi pour mieux apprendre aux adultes de demain à vivre dans une société laïque où les religions ont droit de cité. L'Ecole doit s'ouvrir à l'enseignement et à la transmission des traditions culturelles, et permettre aux jeunes Ivoiriens de s'intéresser à leurs plus lointaines origines. Car on ne fonde pas une Cité sur l'abolition de la mémoire des peuples et sur l'oppression de leur diversité.

En Côte d’Ivoire, l’enseignement de l’histoire ne valorise pas suffisamment la culture nationale. Le sentiment que la cohabitation des communautés de base qui constituent le fondement de notre peuple est le résultat d’un hasard est erroné. Ces communautés cohabitent parce qu’elles ont des liens séculaires ; des origines communes. L’ignorance de ces liens nous dressent, inutilement et dangereusement, les uns contre les autres.

3) Le sentiment d'appartenance

Il s'acquiert aujourd'hui trop souvent, hors de l'Ecole, par des rituels mimétiques ou par des pratiques grégaires. Les modes vestimentaires, le « fan club» ou la ferveur du « supporter» ne sont pas le meilleur moyen d'apprendre à vivre ensemble. On se réunit aussi sur des objectifs, on se groupe pour agir et pour parvenir à un résultat. L'Ecole peut proposer les meilleures voies pour assurer ce type d'apprentissage.

L'aptitude à travailleur en groupe est un item d'évaluation retenu par les tests internationaux de mesure des savoirs primordiaux. L'Ecole doit intégrer cet apprentissage à sa pédagogie, à son évaluation et à la vie des établissements. Ce souci est, au demeurant, présent dans de très nombreux établissements, où sont systématiquement encouragés les travaux en groupe donnant lieu à l'attribution d'une note collective. Telle pourrait aussi, et devrait, être la fonction du sport scolaire dès les grandes classes de l'école primaire et surtout au collège et au Lycée. Trop souvent pratiqués hors de l'école, les sports d'équipe sont un moyen indiscutable et sûr de développer simultanément le sentiment de groupe et le sens du rôle à tenir dans un dispositif où l'on expérimente à la fois son utilité pour les autres et son interdépendance avec les autres.

Les applications possibles de l'initiation à l'activité de groupe sont indéfinies et peuvent être à la fois étendues et précisées par les projets d'établissement. L'Ecole n'en a pas d'ailleurs le monopole. Mais elle est pour beaucoup, notamment pour les enfants et les adolescents privés d'accès aux activités préscolaires, le seul lieu où le sentiment d'appartenance puisse être associé à des fins positives et à un projet.

4) La question de l'enseignement des valeurs

Elle est l'une des plus difficiles qui se posent à l'institution scolaire. Une conception intransigeante du devoir de laïcité, c'est-à-dire de neutralité à l'égard des croyances et des convictions, a conduit à l'abandon progressif de toute référence explicite à la morale quotidienne. On ne doit plus dire, en classe, ce qui est bien et ce qui est mal. Un relativisme diffus, fort compatible avec l'évocation des grands idéaux humanitaires, inhibe l'expression de vérités simples dont à toute époque et partout, les enfants ont besoin pour se situer par rapport aux autres.

L'Ecole ne peut que s'adapter aux conséquences d'une évolution que lui impose l'attitude du corps social lui-même. Elle n'est gardienne en propre d'aucun principe et d'aucune valeur... On doit pourtant se demander si le délaissement dans lequel est tombé l'enseignement des valeurs, y compris les valeurs civiques, n'a pas quelque responsabilité dans le développement de l'exclusion sociale. Pour bien vivre ensemble, il faut avoir clairement en partage un minimum de valeurs communes. On peut admettre qu'elles ne s'étendent pas à l'adhésion à une constitution, à une forme de gouvernement, ou encore aux institutions judiciaires ou aux conditions d'exercice du droit de vote. Autre chose est de savoir si les principes dont s'inspirent les institutions de la République dans leur diversité, aussi bien le suffrage universel, la cour d'assises que le secret médical, ne doivent pas faire l'objet d'un enseignement positif faisant appel, le cas échéant, à la bonne vieille mémoire, celle qui « retient par cœur ». Il n'est pas contraire à la neutralité de l'Ecole d'enseigner que « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui» ou que «tout prévenu est présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été reconnu coupable », non plus que d'inviter les adolescents à réfléchir au sens d'expressions telles que «respect de la vie» ou «respect de la personne ». Bref, une conception positive de la laïcité commande que l'Ecole, fidèle à ses origines et à sa vocation, enseigne et explique le sens, valable pour tous, de textes fondateurs tels que la Déclaration des Droits de l'homme ou le préambule de la Constitution ivoirienne. Que ces textes doivent être connus de tous et faire partie des savoirs primordiaux, que leur connaissance elle­ même soit vérifiée lors d'un test de fin de scolarité obligatoire, cela va de soi. Il n'est pas d'autre possibilité de vérifier l'aptitude à la sociabilité de futurs adultes scolarisés dans des conditions diverses et souvent inégales qu'un contrôle de connaissances positives.

L'apprentissage de la civilité et celui de la citoyenneté ne s'ajoutent pas à ce que l'Ecole doit apprendre. Ils s'incorporent à l'ensemble des enseignements, à l'organisation des établissements, à la vie scolaire. On doit s'employer à enrayer ce qui peut être considéré comme une régression, à lever une autocensure dont chacun constate d’ailleurs les effets sur l’aptitude à la sociabilité des jeunes. Il faut cibler tous ceux qui entrent et ceux qui doivent quitter l’Ecole ou l’Université qui est investie, malgré elle, d’un devoir de préparation à l’insertion sociale. L’Ecole, dans le contexte actuel, ne peut s’y dérober.

III-L'INSERTION PROFESSIONNELLE

L'Ecole, telle qu'instituée par la puissance coloniale et léguée jusqu'à nos jours, était inconnue de l'Afrique ancienne. Cependant, les sociétés africaines, y compris celles de la Côte-d'Ivoire, n'étaient pas dépourvues de toute institution de formation. Le système éducatif, qui prévalait en leur sein, formait un type d'homme, capable non seulement de bien s'intégrer dans la société mais de se procurer un emploi, lui évitant d'être une charge pour les parents, et d'être une personne utile, par sa production, à sa famille et à la survie de toute la communauté.

Contrairement au système éducatif connu de l'Afrique ancienne, l'Ecole héritée des Blancs a pour objectif majeure de lutter contre l'exclusion, en garantissant à l'élève un corps de savoirs primordiaux acquis pour la vie et nécessaires en toutes circonstances, mais le reste, particulièrement l'emploi ne dépend plus d'elle seule. Ce que l'Ecole obligatoire doit garantir à tous ne doit donc pas être confondu avec ce qu'elle peut offrir à chacun. Dans son rôle de préparation à la vie professionnelle et sociale, elle est tributaire de l'inégalité des conditions de scolarisation, de la diversité des aptitudes des vœux des familles, du bon vouloir ou de la mauvaise volonté de l'élève, de la versatilité de la demande de qualifications.

Pour s'acquitter au mieux de cette obligation, il ne lui suffit pas de multiplier les diplômes et les passerelles entre formations. Il lui faut combiner plusieurs dispositifs qui s'ajustent difficilement: orientation scolaire et orientation professionnelle, diplômes généraux et diplômes spécialisés, alternance sous statut scolaire et apprentissage sous statut salarié, stage et scolarité, préparation au diplôme et parcours de qualification. C'est à ces différents niveaux que se trouvent les carences du système éducatif en matière d'insertion professionnelle, et c'est ici qu'il faut apporter l'effort de changement.

1) L'orientation.

L'orientation entretient dans les collèges et lycées un rapport presque exclusif avec l’échec scolaire, alors qu’on devrait être orienté pour évoluer d’un cycle à un autre, les choses se passent parfois comme si l’on est orienté, quand on ne suit pas ou quand on suit mal ou simplement quand il y a des places à combler. Presque toujours la décision d’orientation n’est pas prise par l'élève ou par sa famille, mais à l'encontre de leurs vœux ou du moins sans leur participation. Révision en baisse des projets initiaux, elle est vécue comme un rétrécissement de l'avenir. Aussi, quand il le peut, l'élève s'efforcera de remettre en cause les effets d'éviction de l'orientation scolaire, en s'inscrivant sans déplaisir dans une filière revalorisante. S'il méconnaît son risque d'échec, c'est en grande partie parce qu'il n'a pas participé à la définition de son parcours scolaire de spécialisation. C'est pourquoi apprendre à l'élève à s'orienter au lieu d'être orienté doit être le premier objectif à atteindre.

2) Le système éducatif doit avoir une conception plus ouverte des diplômes professionnels et spécialisés.

Ni les filières générales des lycées ni les formations universitaires généralistes ne sont conçues en relation avec l'univers des métiers pour les premières, avec les débouchés ou des filières de professionnalisation clairement identifiées pour les secondes. Exception faite d'un petit nombre de métiers hautement qualifiés (notamment les professions de santé), la notion de formation professionnelle et spécialisée sont associée dans la plupart des cas aux emplois intermédiaires, aux emplois peu qualifiés. Préparer aux métiers, c'est-à-dire à la diversité des emplois possibles à niveau donné de formation initiale, inclure dans la première formation les bases permettant d'acquérir d'autres compétences, tel est le deuxième objectif que l'on peut assigner à l'Ecole en tant que telle.

3) Faire appel à l'entreprise comme lieu de formation

Mais les entreprises, quelle que soient leur taille, leurs capacités d'encadrement, sont elles prêtes à s'ouvrir aux collégiens, lycéens et même aux étudiants lorsqu'ils se préparent à un diplôme scolaire ou universitaire et que le stage a une valeur pédagogique ou une fonction didactique? En général, les entreprises préfèrent prendre en charge des apprentis, générateurs de concours financiers, d'exonérations de charges, d'avantages fiscaux, éventuellement porteurs d'un prompt réemploi des ressources investies. L'alternance sous statut scolaire n'apporte à l'entreprise aucun de ces avantages. Réconcilier l'alternance et l'apprentissage, généraliser le bon usage de l'entreprise dans les parcours de formation, co-éduquer avec l'entreprise, tel est le dernier objectif que l'on doit assigner au système éducatif.

Il est regrettable que notre pays, qui a des milliardaires, ne dispose d’aucune fondation. Il convient de prendre des mesures pour légiférer sur le statut des fondations en Côte d’Ivoire. Au Ghana, le Roi Ashanti a une fondation qui octroie des bourses d’études aux élèves aux élèves et étudiants et lutte contre les grandes endémies.

CONCLUSION

L’Ecole, conformément à sa mission de tout temps et toujours, doit permettre au plus grand nombre d'accéder à l'instruction et à la culture. Hélas! Tel n'est pas le cas aujourd'hui dans notre pays. Voilà pourquoi dans la nouvelle Côte-d'Ivoire de demain, il nous reste à bâtir encore plus d'écoles, de collèges, de lycées et d'universités afin que la formation se généralise. Mais pour que celle-ci soit universelle, c'est-à-dire à la portée de tous, pour que le monde paysan, ne soit pas laissé-pour-compte, pour que l'enseignement pénètre dans nos villages de forêt et de savane, nous devons faire preuve d'imagination, instituer une seconde forme d'école, différente de celle qui prévaut aujourd'hui, à laquelle puissent accéder urgemment les ruraux. Le PIT, lors de son passage au ministère de l’enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a initié des mesures dans ce sens. Ces initiatives sont des options qui auraient pu apporter des changements qualitatifs aussi bien au plan pédagogiques que social n’eût été le coup d’Etat de 1999.

L’enjeu est d'abord de former l'Ivoirien (et tous les Ivoiriens) au respect de son identité, de sa langue, de ses propres valeurs culturelles, des valeurs nationales mais aussi

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